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Certificat de travail en Suisse : ce que l’employeur doit faire… ou pas

  • 11 mars
  • 3 min de lecture

En droit du travail suisse, tout collaborateur a droit à un certificat de travail lorsqu’il quitte une entreprise. Ce document est essentiel pour la suite de sa carrière, car il permet aux futurs employeurs d’évaluer l’expérience, les compétences et le comportement professionnel du salarié.

La délivrance du certificat de travail est prévue par l’article 330a du Code des obligations. Cette disposition impose à l’employeur plusieurs obligations concernant le contenu, la rédaction et la remise du document.

En Suisse, le certificat doit respecter un équilibre clair entre vérité, bienveillance et transparence.


1. Droit au certificat de travail : que prévoit la loi ?

Tout salarié peut demander un certificat de travail à la fin de la relation de travail.

Ce droit existe quelle que soit la raison de la fin du contrat : démission, licenciement ou fin de contrat.


L’employeur peut :

  • remettre le certificat à la fin du contrat de travail

  • établir un certificat intermédiaire sur demande

  • prendre un délai raisonnable pour le rédiger.


Il ne peut pas :

❌ refuser d’établir un certificat de travail

❌ retarder volontairement sa remise

❌ conditionner le certificat à certaines exigences.


2. Certificat complet ou attestation de travail : quelle différence ?

Le droit suisse distingue deux types de documents.


Le collaborateur peut choisir entre :


Le certificat de travail complet

Il contient notamment :

  • la durée de l’emploi

  • la fonction occupée

  • les tâches principales

  • l’évaluation du travail

  • l’évaluation du comportement.


L’attestation de travail

Elle mentionne uniquement :

  • la durée de l’emploi

  • la fonction exercée.


L’employeur peut :

  • délivrer une attestation si le collaborateur le demande.


Il ne peut pas :

❌ imposer une attestation à la place d’un certificat complet.


3. Contenu du certificat : ce que l’employeur doit mentionner

Le certificat de travail doit fournir une image fidèle du parcours professionnel du collaborateur dans l’entreprise.


En Suisse, il doit respecter trois principes fondamentaux :

✔️ véridique✔️ complet✔️ bienveillant


En pratique, le certificat contient généralement :

  • la date de début et de fin de l’emploi

  • la fonction occupée

  • la description des tâches principales

  • l’évaluation des compétences professionnelles

  • l’évaluation du comportement.


4. Rédaction du certificat : ce que l’employeur peut écrire… ou pas


La rédaction d’un certificat de travail doit rester claire, objective et professionnelle.

L’employeur peut :

  • évaluer la qualité du travail

  • décrire les responsabilités occupées

  • mentionner les compétences professionnelles.


Il ne peut pas :

❌ utiliser des formulations codées ou ambiguës

❌ inclure des informations sans lien avec le travail

❌ formuler des critiques disproportionnées ou humiliantes.


Certaines informations ne doivent jamais apparaître dans un certificat, par exemple :

  • l’état de santé

  • une grossesse

  • la situation familiale

  • des conflits personnels sans lien avec l’activité professionnelle.


5. Certificat intermédiaire : quand peut-il être demandé ?

Un collaborateur peut demander un certificat intermédiaire pendant la relation de travail.


Cela peut notamment se produire :

  • lors d’un changement de fonction

  • lors d’un changement de supérieur hiérarchique

  • en cas de restructuration

  • lorsqu’un collaborateur prépare une évolution professionnelle.


L’employeur peut :

  • établir un certificat intermédiaire reflétant la situation actuelle.


Il ne peut pas :

❌ refuser ce certificat sans raison valable.


6. Correction du certificat : que faire en cas de désaccord ?

Il arrive qu’un collaborateur considère que son certificat n’est pas correct ou complet.

Dans ce cas, il peut demander une modification.


Le collaborateur peut :

  • demander une correction ou une reformulation

  • contester certaines évaluations.


L’employeur peut :

  • accepter une modification si elle est justifiée.


Il ne peut pas :

❌ maintenir des informations inexactes ou trompeuses.


En cas de désaccord persistant, le litige peut être porté devant le tribunal des prud’hommes.


7. Remise du certificat : quel délai respecter ?

Le certificat de travail doit être remis dans un délai raisonnable après la fin du contrat.


Dans la pratique, il est souvent remis :

  • le dernier jour de travail

  • ou peu de temps après la fin de la relation de travail.


L’employeur peut :

  • prendre un délai raisonnable pour rédiger un certificat de qualité.

Il ne peut pas :

❌ retarder volontairement sa remise

❌ utiliser le certificat comme moyen de pression.


En résumé

Le certificat de travail est un document clé du droit du travail suisse.


Il doit respecter plusieurs principes essentiels :

✔️ refléter fidèlement l’activité du collaborateur

✔️ rester professionnel et bienveillant

✔️ être remis dans un délai raisonnable.


L’employeur ne peut pas :

❌ refuser d’établir un certificat

❌ inclure des informations personnelles sans lien avec le travail

❌ utiliser des formulations ambiguës ou trompeuses.


Un certificat de travail correctement rédigé protège à la fois la réputation professionnelle du collaborateur et la sécurité juridique de l’employeur.

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