Grossesse & travail: ce que l’employeur peut exiger ou pas
- 19 janv.
- 3 min de lecture
Lorsqu’une collaboratrice annonce sa grossesse, de nombreuses questions se posent côté employeur : quelles informations peut-on demander ? Peut-on maintenir les mêmes horaires ? Exiger un certificat médical ? Refuser certaines adaptations ?
En Suisse, la loi fixe un cadre précis entre ce que l’employeur peut exiger, ce qu’il doit adapter et ce qui lui est interdit.
1. Annonce de la grossesse : que peut exiger l’employeur ?
L’employeur ne peut pas exiger qu’une collaboratrice annonce sa grossesse. L’annonce reste volontaire. Toutefois, tant que l’employeur n’est pas informé, il ne peut pas mettre en place les mesures de protection prévues par la loi.
Une fois informé, l’employeur peut :
demander à connaître la date présumée de l’accouchement,
adapter l’organisation du travail.
Il ne peut pas :
demander des détails médicaux,
remettre en cause la grossesse annoncée.
2. Conditions de travail : ce que l’employeur peut exiger… ou non
L’employeur peut :
maintenir l’activité professionnelle si elle ne présente aucun risque,
demander à la collaboratrice d’effectuer ses tâches habituelles, adaptées.
Il ne peut pas :
imposer des travaux dangereux ou pénibles,
ignorer les restrictions légales ou médicales,
exiger que la collaboratrice « fasse comme avant » si des adaptations sont nécessaires.
Si le poste comporte des risques, l’employeur doit :
adapter les tâches,
ou proposer un poste équivalent sans danger.
3. Horaires de travail : quelles exigences sont possibles ?
L’employeur peut :
organiser les horaires dans le cadre légal,
demander le respect des horaires convenus.
Il ne peut pas :
imposer le travail de nuit entre 20h et 6h dès la 8ᵉ semaine avant l’accouchement,
contraindre une collaboratrice enceinte à des horaires excessivement fatigants,
refuser des pauses supplémentaires si elles sont nécessaires.
4. Certificat médical : ce que l’employeur peut demander
L’employeur peut :
exiger un certificat médical en cas d’incapacité de travail,
se fonder sur ce certificat pour adapter le poste ou les horaires.
Il ne peut pas :
exiger des informations sur l’état de santé,
contester un certificat valable,
obliger la collaboratrice à travailler contre avis médical.
5. Absences liées à la grossesse : peut-on les sanctionner ?
👉 Non.
Les absences dues à la grossesse (fatigue, complications, repos prescrit) sont assimilées à une incapacité de travail pour raisons de santé.
L’employeur peut :
appliquer les règles habituelles de maintien du salaire.
Il ne peut pas :
sanctionner ces absences,
les utiliser comme motif de licenciement,
exercer une pression pour limiter les arrêts.
6. Licenciement : ce qui est strictement interdit
Pendant la grossesse et jusqu’à 16 semaines après l’accouchement, l’employeur :
❌ ne peut pas résilier le contrat de travail
❌ même pour des motifs organisationnels ou économiques
Tout licenciement notifié pendant cette période est nul.
⚠️ Cette protection ne s’applique pas si la collaboratrice démissionne elle-même.
7. Après l’accouchement : exigences possibles au retour
Après la naissance :
interdiction de travailler pendant 8 semaines (obligatoire),
reprise possible jusqu’à 16 semaines uniquement à la demande de la collaboratrice.
Au retour, l’employeur peut :
fixer des objectifs réalistes,
organiser le travail dans l’intérêt de l’entreprise.
Il ne peut pas :
ignorer la situation particulière liée à la maternité,
refuser toute adaptation sans justification.
8. Allaitement au travail : ce que l’employeur peut exiger ou pas
Après le retour au travail, une collaboratrice qui allaite bénéficie de droits spécifiques.
Temps d’allaitement
L’employeur peut :
organiser les pauses liées à l’allaitement,
demander une coordination avec les besoins de l’entreprise.
Il ne peut pas :
refuser le temps nécessaire à l’allaitement ou à l’expression du lait,
exiger que ce temps soit pris uniquement sur les pauses ordinaires.
⏱️ Le temps d’allaitement est considéré comme temps de travail rémunéré, dans les limites suivantes :
jusqu’à 1 heure par jour pour une journée de travail jusqu’à 4 heures,
jusqu’à 1h30 pour une journée jusqu’à 7 heures,
jusqu’à 2 heures pour une journée de plus de 7 heures.
En résumé
La grossesse au travail implique un équilibre clair :
✔️ Ce que l’employeur peut exiger : organisation, certificats, respect du cadre légal
❌ Ce qu’il ne peut pas exiger : informations médicales, horaires risqués, renoncement aux droits légaux
Une gestion conforme et anticipée protège à la fois la collaboratrice… et l’employeur.


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